Cybersécurité : l’automatisation est-elle la solution pour faire face à la pénurie de talents ?

23 février, 2024

Article updated on 12/06/26

Les nouvelles technologies transforment notre monde. La digitalisation, liée à l’adoption de ces technologies, entraîne des risques croissants en matière de cybersécurité.

Pour se prémunir contre ces risques, il est impératif qu’une organisation dispose des ressources et des compétences nécessaires pour se protéger. Or, le déficit mondial atteint 4 millions dexperts en cybersécurité – un chiffre qui ne cesse d’augmenter. Face à la pénurie de talents, de nombreuses entreprises choisissent d’externaliser leurs opérations de sécurité.

IDC prédit que d’ici 2026, 20 % des grandes entreprises migreront vers des centres d’opérations de sécurité (SOC) dont la gestion externalisée assurera la continuité des services et permettra une gestion et une résolution des incidents plus rapides. Cette tendance confirme que les organisations cherchent des alternatives à l’embauche directe – et l’automatisation en est une autre.

De plus, selon le rapport Gartner Predicts 2023: Cybersecurity Industry Trends, près de la moitié des professionnels de la cybersécurité envisagent de changer d’emploi d’ici 2025 en raison du stress lié à leur charge de travail. Ce phénomène fragilise davantage les entreprises qui subissent déjà les conséquences de cette pénurie.

En effet, même TeamViewer, spécialiste des logiciels de prise de contrôle à distance, a été victime de cyberattaques. Il s’agit de la deuxième cyberattaque subie par TeamViewer depuis 2016. Lors de ces incidents, des appareils ont été compromis via l’accès à distance TeamViewer. Les attaquants ont ensuite utilisé la DLL LockBit 3 pour déchiffrer des données protégées par mot de passe. Un système de détection d’anomalies automatisé aurait pu signaler ces accès inhabituels avant que les données ne soient compromises – un cas d’usage couvert dans la section sur la détection des menaces ci-dessous.

TeamViewer n’est pas la seule entreprise à être victime de ces fuites de données. En octobre 2023, des pirates informatiques ont volé un fichier contenant les données de tous les utilisateurs du système de support client Okta. Un système de contrôle d’accès automatisé aurait pu détecter ce comportement anormal et bloquer l’exfiltration avant qu’elle ne se produise.

D’autres entreprises telles qu’ Air Europa et Verizon ont également été victimes de cyberattaques, illustrant que ces menaces touchent des organisations de toutes tailles et de tous secteurs.

Comment se prémunir contre ces attaques ?

Cet article fait un état des lieux de la cybersécurité, expose ses enjeux pour les entreprises et explique comment l’automatisation des tâches IT peut aider à résoudre le problème lié à la pénurie de talents en cybersécurité.

Qu’est-ce que l’automatisation en cybersécurité ?

L’automatisation en cybersécurité désigne l’utilisation de technologies – notamment l’intelligence artificielle, le machine learning et les plateformes SOAR (Security Orchestration, Automation and Response) – pour exécuter des tâches de sécurité sans intervention humaine constante. Cela inclut la détection des menaces en temps réel, la réponse aux incidents, la gestion des correctifs et le contrôle d’accès. L’objectif n’est pas de remplacer les équipes de sécurité, mais de les libérer des tâches répétitives à faible valeur ajoutée pour qu’elles se concentrent sur les décisions stratégiques.

Il est important de distinguer l’automatisation simple de l’orchestration : l’automatisation exécute des tâches individuelles de façon autonome (par exemple, bloquer une adresse IP suspecte), tandis que l’orchestration coordonne des flux de travail multi-outils impliquant plusieurs systèmes – SIEM, EDR, pare-feu – pour une réponse cohérente et unifiée. Contrairement à l’automatisation basée sur des règles prédéfinies, le Machine Learning analyse des volumes importants de données historiques (datasets) pour identifier des comportements anormaux sans nécessiter de règles explicitement programmées.

Pourquoi les entreprises ne peuvent pas ignorer limportance de la cybersécurité?

L’usage des technologies avancées en entreprise augmente le risque des cyberattaques. Pour protéger votre entreprise contre les cyberattaques, vous devez mettre en place d’excellents dispositifs de cybersécurité qui permettront à la fois de prévenir et de réduire les risques de cyberattaque. Cela implique la mise en place de mesures de sécurité pour protéger vos clients et vos données, c’est-à-dire, les systèmes et les processus en les automatisant lorsque cela est possible. Si votre plan de défense contre les cyberattaques n’est pas fait en interne, il est possible de l’externaliser. L’externalisation de la cybersécurité nécessite toujours de recruter des talents spécialisés.

Pénurie de talents en cybersécurité : un défi structurel pour les entreprises

Quels sont les facteurs à prendre en compte qui font de la cybersécurité à la fois un sujet important pour les organisations mais pas suffisamment priorisé ? :

  • Les avancées technologiques rapides ?

  • Les perspectives d’évolution limitées ou les bas salaires ?

  • La pénurie des compétences?

  • Le manque de formation dans le domaine de la cybersécurité ?

L’état actuel de la cybersécurité est un mélange des facteurs cités ci-dessus et bien plus encore.

L’état actuel de la cybersécurité offre des perspectives d’améliorations continues pour un avenir prometteur et moins stressant pour les acteurs du secteur. La cybersécurité est devenue un enjeu majeur pour les entreprises. Pourtant, des milliers, voire des millions, de postes restent vacants et attendent d’être pourvus. Parmi eux : Pentester, Ingénieur Réseau, Architecte Sécurité, Spécialiste de la cybersécurité et Administrateur Systèmes.

La pénurie de talents n’est pas le plus gros problème auquel font face les experts de la cybersécurité. Les professionnels de la cybersécurité sont fortement touchés par le stress et doivent supporter une charge de travail qui ne cesse d’augmenter.

Afin d’éviter l’exode des talents de la cybersécurité, il est important de fidéliser les talents encore en poste (et d’en attirer de nouveaux) en améliorant rapidement leurs conditions de travail. C’est là qu’intervient l’automatisation, c’est-à-dire, l’utilisation des technologies de l’ intelligence artificielle afin d’automatiser vos processus IT.

7 domaines où l’automatisation en cybersécurité génère un impact mesurable

L’automatisation est un atout majeur en matière de cybersécurité. L’automatisation permet aux entreprises de se défendre et de s’adapter rapidement aux attaques, renforçant ainsi la capacité de l’entreprise à atténuer les risques en temps réel. Non seulement cela rend les organisations plus résilientes et capables de s’adapter à l’ère numérique, mais cela leur permet également de faire face au nombre élevé de cyberattaques et aux nombreux tests que les entreprises doivent réaliser chaque jour afin de réduire les risques de failles. 

Selon le rapport IBM Cost of a Data Breach 2023, les organisations utilisant l’IA et l’automatisation de la sécurité ont réduit le coût moyen d’une violation de 1,76 million de dollars par rapport à celles qui ne les utilisent pas.

On peut distinguer deux grandes catégories d’automatisation en cybersécurité : l’automatisation défensive et préventive (détection des menaces, gestion des correctifs, contrôle d’accès) et l’automatisation opérationnelle et réactive (réponse aux incidents, orchestration, formation). Voici les sept domaines clés où cette distinction prend tout son sens.

Voici 7 domaines de la cybersécurité qui peuvent tirer parti de l’automatisation :

1. La détection des menaces en temps réel

Les outils d’automatisation peuvent surveiller en permanence le trafic réseau et le comportement des utilisateurs pour identifier toute anomalie, c’est-à-dire détecter tout ce qui indique une menace potentielle pour la sécurité. De plus, grâce à la mise en place de mécanismes de réponses automatisées, les entreprises réduisent le temps entre la détection et le traitement d’une menace, ce qui réduit la fenêtre d’opportunité pour les cybercriminels. Par exemple, un outil de surveillance automatisé peut détecter une tentative d’exfiltration de données en dehors des heures ouvrées et déclencher immédiatement une alerte – sans attendre l’intervention d’un analyste.

2. La détection danomalies

Les technologies de lintelligence artificielle telles que le Machine Learning peuvent analyser les comportements des utilisateurs, les interactions avec le système et le réseau pour signaler toute activité suspecte, en identifiant les menaces avant qu’elles ne deviennent incontrôlables. L’automatisation de ces processus et l’utilisation de datasets permettront à votre organisation de trouver des indicateurs subtils d’une faille qui auraient pu passer inaperçus. Concrètement, un système de détection d’anomalies basé sur le Machine Learning peut identifier qu’un compte utilisateur accède à un volume inhabituel de fichiers sensibles et bloquer automatiquement cet accès en attendant une vérification humaine.

3. La réponse aux incidents

L’automatisation rationalise le processus de réponse aux incidents en utilisant des procédures pour exécuter des actions prédéfinies en réponse aux incidents de sécurité auxquels ils sont associés. Par exemple : isoler les systèmes affectés et bloquer les adresses IP malveillantes afin d’accélérer la résolution et de maintenir une communication cohérente et coordonnée. Un SOAR peut ainsi isoler automatiquement un endpoint compromis en moins de 60 secondes, réduisant le MTTR (Mean Time To Respond) de plusieurs heures à quelques minutes.

4. Gestion des correctifs et correction des vulnérabilités

L’automatisation améliore l’efficacité des processus de gestion des correctifs et de correction des vulnérabilités, en réduisant le nombre de cyberattaques qui exploitent les failles des logiciels et des systèmes. Les outils d’automatisation hiérarchisent les failles de l’infrastructure informatique en fonction du risque et peuvent ensuite déployer des correctifs rapidement et efficacement, minimisant ainsi la probabilité d’exploitation. Pour la plupart des organisations, la gestion des correctifs est le premier domaine à automatiser en raison de son volume élevé et de son impact direct sur la surface d’attaque.

5. Orchestration de la sécurité (SOAR)

L’orchestration de la sécurité, ou SOAR (Security Orchestration, Automation and Response), désigne l’intégration coordonnée d’outils de sécurité distincts pour automatiser les flux de travail de réponse aux incidents. Pour obtenir la réponse la plus efficace et la plus adéquate, les protocoles de cybersécurité doivent être coordonnés bien avant que quoi que ce soit ne se produise.

Lorsque vous utilisez des outils d’automatisation, vous pouvez intégrer différentes technologies et programmes pour une approche cohérente et collaborative, plutôt qu’une approche décousue. Lorsque les informations peuvent circuler de manière transparente entre les systèmes, votre organisation dispose d’une vision complète des menaces, ce qui favorise une prise de décision plus rapide.

6. Contrôle daccès

L’automatisation améliore les processus d’authentification des utilisateurs – notamment l’authentification multifacteur (MFA), dont l’authentification à deux facteurs (2FA) est la forme la plus courante – grâce à des facteurs contextuels tels que le comportement de l’utilisateur et les attributs de l’appareil. Ces processus automatisés permettront ensuite d’appliquer des contrôles d’accès plus stricts et de réduire le risque d’accès non autorisé au système.

7. Formation de sensibilisation à la cybersécurité

L’erreur humaine reste un facteur important dans les incidents de cybersécurité. L’automatisation peut jouer un rôle dans la formation à la sensibilisation à la sécurité en offrant des modules de formation ciblés et personnalisés aux employés. De plus, les exercices de simulation automatisés peuvent imiter les cybermenaces du monde réel, ce qui permet aux employés d’acquérir une expérience pratique dans l’identification et la gestion des risques de sécurité. Cette approche proactive contribue à la création d’une culture soucieuse de la sécurité au sein de l’organisation.

Les limites de l’automatisation en cybersécurité : ce qu’il faut anticiper

L’automatisation est un levier puissant, mais elle n’est pas une solution autonome. Trois limites méritent d’être anticipées avant tout déploiement.

  1. Premièrement, le risque de faux positifs : les systèmes de détection automatisés peuvent générer un volume élevé d’alertes incorrectes, créant une « fatigue des alertes » qui surcharge les équipes et peut conduire à ignorer de vraies menaces. Une calibration rigoureuse des règles de détection est indispensable.

  2. Deuxièmement, la gouvernance des processus : automatiser un processus mal défini ne fait qu’accélérer les erreurs. Avant d’automatiser, il est essentiel de cartographier et de standardiser les workflows existants. L’automatisation amplifie ce qui existe – en bien comme en mal.

  3. Troisièmement, la qualité des données : les algorithmes de Machine Learning et les règles SOAR ne sont aussi fiables que les données sur lesquelles ils s’appuient. Des données incomplètes ou obsolètes produiront des résultats peu fiables, quelle que soit la sophistication de l’outil.

En résumé, l’automatisation augmente le jugement humain – elle ne le remplace pas. Les organisations les plus matures combinent automatisation et développement des compétences humaines pour construire une posture de sécurité durable.

Comment mettre en œuvre l’automatisation en cybersécurité : bonnes pratiques et étapes clés

Savoir où commencer est souvent le principal obstacle. Voici quatre étapes pour structurer une mise en œuvre efficace.

1. Cartographier les processus manuels répétitifs à fort volume. Identifiez les tâches qui mobilisent le plus de temps d’analyste sans nécessiter de jugement complexe : triage des alertes, réinitialisation de mots de passe, application de correctifs. Ce sont les candidats prioritaires à l’automatisation.

2. Prioriser les cas d’usage à ROI rapide. Pour la plupart des organisations, la gestion des correctifs et le triage des alertes SIEM offrent le retour sur investissement le plus rapide. Commencez par ces domaines avant d’étendre l’automatisation à des workflows plus complexes.

3. Intégrer l’automatisation dans les workflows ITSM existants. L’automatisation de la cybersécurité est plus efficace lorsqu’elle est connectée à vos processus de gestion des incidents, des changements et des actifs. Une plateforme ITSM unifiée permet de centraliser les données et d’orchestrer les réponses de manière cohérente.

4. Mesurer les résultats avec des indicateurs définis en amont. Définissez vos KPIs avant le déploiement : MTTR (Mean Time To Respond), taux de correctifs appliqués dans les délais, nombre d’alertes traitées automatiquement sans intervention humaine, et heures d’analyste économisées par semaine. Ces métriques permettent une évaluation objective et justifient les investissements futurs.

Si votre organisation est en train d’établir le budget IT et vos objectifs, investir dans l’automatisation de vos processus de cybersécurité et de support ne devrait pas être facultatif. L’automatisation des processus IT permettra à vos équipes actuelles de se consacrer à des tâches à forte valeur ajoutée, de réduire le temps entre la détection et le traitement des menaces, et de diminuer les erreurs humaines – la principale cause des incidents de cybersécurité.

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