Comment combiner le Lean, ITIL et Agile pour travailler efficacement ?

11 octobre, 2021

Article updated on 07/10/26

Les responsables IT sont sous pression constante : réduire les coûts, améliorer la qualité de service et s’adapter à des environnements en perpétuelle évolution. Pour y parvenir, il existe plusieurs approches complémentaires destinées à simplifier, rationaliser et structurer la gestion des processus et des services. Parmi les plus éprouvées : le référentiel ITIL, l’approche Lean et les méthodes dites « agiles ». Ces cadres méthodologiques ne s’opposent pas. Ils se complètent, et c’est en les combinant intelligemment que les organisations atteignent un niveau de maturité opérationnelle durable.

Le Lean et l’ITIL

Associer le Lean à ITIL, c’est appliquer une logique d’élimination des gaspillages aux processus de gestion des services IT déjà structurés par le référentiel. Le Lean management se traduit par une gestion « allégée ​» qui va à l’essentiel : éliminer les pertes de temps, éviter l’utilisation excessive de ressources et soutenir l’amélioration continue. L’objectif est d’adopter une vision à long terme, fondée sur des changements progressifs et mesurables pour améliorer l’efficacité et la qualité de chaque processus.

Le Lean se concentre principalement sur trois grands objectifs : définir la valeur du point de vue du client final ; éliminer tout gaspillage ou perte de temps, de ressources ou de valeurs dans les processus ; et améliorer en continu tous les processus en cours.

Appliqué à l’ITSM, le Lean ITIL permet de mettre en place des approches plus efficaces, productives et rationalisées. C’est, par exemple, le cas pour :

  • La réinitialisation des mots de passe : un système de single sign-on donne accès à de nombreux services en ligne au lieu de demander à vos équipes de créer différents mots de passe pour chaque service. En s’assurant de la robustesse d’un mot de passe et en automatisant sa réinitialisation, vous évitez d’encombrer votre service desk avec des demandes inutiles et à faible valeur ajoutée.

  • Les incidents avec des erreurs connues : certains logiciels ou systèmes d’exploitation peuvent générer des erreurs facilement détectables et repérables. Un code d’erreur peut ainsi donner la solution sur votre plateforme interne pour expliquer aux utilisateurs la procédure à suivre.

  • Les questions récurrentes : que ce soit des questions sur les services proposés par la DSI ou sur l’utilisation des outils collaboratifs comme Teams, Zoom, Asana ou Google Docs, il est essentiel de centraliser l’information. Une base de connaissances contextuelle permet à vos utilisateurs de trouver eux-mêmes les réponses à leurs questions, sans solliciter le service desk.

Le Lean et le Six Sigma

Lean Six Sigma est une combinaison de deux méthodes populaires d’amélioration continue des processus.

Six Sigma est une stratégie qui a vu le jour dans les années 1980 grâce à Motorola. Elle désigne une méthode structurée de management visant à une amélioration de la qualité et de l’efficacité des processus. La méthode a d’abord été appliquée à des processus industriels avant d’être élargie à de nombreux secteurs — finance, santé, administration, éducation — y compris l’ITSM et, plus largement, la gestion des services d’entreprise (ESM).

Combiner le Lean et Six Sigma permet de proposer une approche systématique et une boîte à outils pour renforcer les capacités de résolution de problèmes des équipes, qu’elles servent des clients internes ou externes. Contrairement aux approches basées sur l’intuition, Lean Six Sigma s’appuie sur des principes scientifiques, des données mesurables et des statistiques pour comprendre précisément ce qui se passe dans un processus et comment l’améliorer. Ensemble, ces deux méthodes accompagnent les organisations qui cherchent à instaurer une culture de résolution structurée des problèmes, avec une démarche en 5 temps :

Cette démarche en 5 temps est souvent désignée par l’acronyme DMAIC :

  • Define (Définir) : cadrer le problème, identifier les parties prenantes et formaliser les objectifs dans une charte projet.

  • Measure (Mesurer) : quantifier le problème en collectant des données de référence sur le processus actuel.

  • Analyze (Analyser) : identifier les causes profondes du problème à partir des données collectées.

  • Improve (Améliorer) : concevoir, tester et mettre en œuvre la solution qui traite la cause racine.

  • Control (Contrôler) : maintenir les acquis grâce à des plans de surveillance et rechercher l’amélioration continue.

L’agile et l’ITIL

Agile et ITIL remplissent des fonctions complémentaires. Agile (et ses déclinaisons Scrum, Kanban, Swarm) définit comment les équipes collaborent, priorisent et itèrent au quotidien. ITIL fournit le quoi : un cadre structuré de processus éprouvés pour l’ITSM (et plus largement, l’ESM). En combinant les deux, les organisations gagnent en vélocité sans sacrifier la gouvernance : une alliance de raison pour une efficacité redoutable.

Votre service desk consacre généralement beaucoup de travail à des tâches qui n’ont que peu de valeur réelle. C’est un terrain idéal pour appliquer une pensée agile combinée à la rigueur ITIL. Les sources de gaspillage les plus fréquentes incluent :

  • Des tâches redondantes souvent non automatisées.

  • Des documentations à rédiger qui deviennent obsolètes dès la prochaine mise à jour.

  • Des interventions manuelles urgentes qui pourraient être réalisées à distance, avec plus d’anticipation.

En mode agile, vous pouvez connecter votre service desk avec une base de connaissances évolutive et centralisée dans le cloud pour faire évoluer votre offre de services en temps réel. Les données collectées vous permettront ainsi de définir et de monitorer des KPI utiles afin d’intégrer une dynamique de qualité continue.

Pourquoi combiner Lean, ITIL, Agile et Six Sigma ?

Parce qu’elles sont complémentaires et cumulatives, ces approches permettent aux organisations IT de progresser de manière structurée sur l’échelle de maturité opérationnelle. Dans un environnement qui évolue rapidement, la capacité à s’adapter ne repose pas sur un seul cadre méthodologique, mais sur leur combinaison intelligente. Les avantages concrets sont nombreux:

  • Résolution plus rapide des problèmes pour une meilleure expérience des utilisateurs.

  • Amélioration de la productivité, tant pour les agents que pour les clients.

  • Réduction du gaspillage (temps, argent, etc.).

  • Facilitation de la capacité à pivoter en cas d’événement inattendu (pandémie, confinement, restructuration interne, fusion entre deux organisations, etc.).

L’ITSM et l’ITIL facilitent considérablement le passage en mode agile, Lean ou Six Sigma. Parce qu’ils ont été pensés pour et par des processus, ils constituent le socle indispensable à l’amélioration continue — qu’il s’agisse de changements techniques ou d’évolutions culturelles. C’est précisément là que la maturité ITSM prend tout son sens : une organisation qui maîtrise ses fondamentaux est une organisation prête à combiner ces méthodes pour devenir plus productive, plus réactive et plus résiliente.

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Questions fréquentes sur le Lean Six Sigma

Qu’est-ce que le Lean dans le Lean Six Sigma ?

Le Lean se concentre sur l’élimination des gaspillages : temps perdu, étapes inutiles, ressources mal utilisées ou tâches sans valeur pour l’utilisateur final. Six Sigma, de son côté, vise à réduire les erreurs et la variabilité en s’appuyant sur les données pour fiabiliser les processus.

Ensemble, ils forment le Lean Six Sigma, une approche qui améliore à la fois la vitesse d’exécution et la qualité. Dans un contexte ITSM, cela se traduit par moins de tickets redondants, des délais de résolution plus courts et une meilleure expérience utilisateur.

Le Lean Six Sigma est-il encore pertinent pour les équipes IT aujourd’hui ?

Oui. Les principes fondamentaux du Lean Six Sigma — réduction des gaspillages, élimination de la variabilité et amélioration continue — restent aussi pertinents aujourd’hui qu’à leurs débuts dans l’industrie.

Pour des équipes IT qui doivent gérer davantage de services, répondre à des attentes utilisateurs plus élevées et composer avec des ressources limitées, ce cadre fournit une méthode éprouvée pour identifier les freins à la performance et agir de manière structurée, sans attendre une refonte complète des outils ou de l’organisation.

B. de Moncan
B. de Moncan
Benjamin de Moncan est Senior Director Product Marketing chez EasyVista, fort de plus de 15 ans d'expérience dans l'optimisation de la relation client pour de grandes entreprises financières et de services.
Krista Lyons
Krista Lyons
Krista Lyons est la Responsable du Marketing de Contenu chez EasyVista.